Un peu d’Histoire !

Illustration histoire de l'airsoft by Airsoft Tim

Né au Japon, l’airsoft est d’une certaine façon issu de la frustration japonaise de ne pouvoir avoir de réelle armée, de service militaire étendu ou de vraies armes en circulation à la suite de la deuxième guerre mondiale.
japon-275x300L’arrivée des premières répliques s’est faite trés progressivement. Au départ il s’agissait simplement d’objets de collection ayant la forme d’une arme réelle mais avec aucun matériau noble et aucune fonction. Puis dans les années 1970 sont apparues les premières répliques à air comprimé ou Co2 projetant des billes de 6mm. La réserve d’air était portée dans le dos, les répliques avaient une relativement forte puissance et étaient onéreuses. Les marques présentes à l’époque sont aujourd’hui plutôt en retrait et cette période jusqu’à la fin des années 1980 est appelée maintenant « Classic Airsoft ».
Puis au début des années 1990 apparaît un nouveau concept: celui de la réplique de type Automatic Electric Gun (AEG) proposé par le fabricant Tokyo Marui. Le projet est ambitieux: avoir une réplique totalement indépendante, sans réserve externe à porter dans le dos, d’un entretien limité, avec de bonnes performances et le tout pour un prix accessible.

Pour cela, Tokyo Marui invente la « gearbox » qui ressemble fortement au type de mécanisme que l’on trouve dans le modélisme dont vient la marque. Dans cette coque en métal, des engrenages sont disposés de façon à entraîner un piston contre un ressort de puissance. A chaque fin de cycle des engrenages, le piston est léché et vient propulser l’air contenu dans le cylindre à travers un petit orifice qui est contact avec la bille: celle-ci est donc éjectée via le canon.

Pour que cela fonctionne, il faut un moteur et une batterie qu’il faudra donc loger dans la réplique. Le moteur est souvent installé dans la poignée pistolet alors que la batterie vient s’installer dans les lieux potentiellement creux comme le garde-main ou la crosse. Il est d’ailleurs intéressant de constater que cette question du stockage de la batterie est longtemps restée centrale et jusqu’à l’apparition des batteries Ni-mh puis li-po dans l’airsoft, la possibilité d’installer une grande batterie dans une réplique était un critère important.

Les premiers modèles à sortir chez Marui sont le Famas et le M16A1 (qui servira de base notamment pour les publicités de la marque, cf. la vidéo ci-dessous). La plupart des pièces externes sont en plastique afin de coller à la fois à la législation en vigueur et pour garder un coût de fabrication relativement faible.
[La vidéo ci-dessous montre le choc induit par l’arrivée des AEG et ce que cela change dans la pratique de l’airsoft]

Outre ce premier parti-pris ambitieux, Tokyo Marui a inclus dans le monde de l’airsoft une invention qui deviendra un standard aussi simple qu’exceptionnellement ingénieux: le hop-up. Il s’agit d’un petit joint en caoutchouc qui est déformé sur le haut du canon pour offrir une résistance et donner un effet à la bille au moment du tir. Grâce aux lois physiques de vol de projectile, l’effet a pour conséquence immédiate une forte augmentation de la portée (lorsqu’il est bien réglé).
Le fait de s’inspirer de la physique pour améliorer la portée n’était pas une idée neuve. En effet il existait déjà des systèmes aux effets proches voire encore meilleurs, comme le SPS ou le LRB, qui étaient des canons aux formes particulières (notamment au niveau de l’embouchure). Le vrai coup de génie de Tokyo Marui a été dans la simplicité et le coût de fabrication du hop-up. Quelques dizaines de dollars maximum pour le système entier contre jusqu’à plusieurs centaines de dollars pour les systèmes SPS et LRB dont le réglage était fastidieux.
Cette orientation de Tokyo Marui vers des répliques jouables, performantes et à prix raisonnable construit son succés pendant toutes les années 1990. Cause et conséquence du succés, la gamme s’élargit et Tokyo Marui applique son savoir-faire sur autant de « plateformes » que possible.

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Rapidement Tokyo Marui devient la référence et quasiment l’ensemble de l’éco-système de l’airsoft va s’aligner sur les choix de la marque japonaise. C’est ainsi que des marques sortent leurs premiers modèles d’AEG comme TOP (Japon), ICS (Taiwan) ou Classic Army (Hong Kong) à la toute fin des années 1990 et début des années 2000.
L’approche n’est pas frontale. TOP se spécialise par exemple dans les M249 et M60, Classic Army dans les répliques de type M4/M16 avec corps métal et ICS dans les répliques de type MP5 là aussi avec corps métal. La législation différente de Hong Kong et Taiwan par rapport au Japon permettent à ces marques de proposer des répliques plus réalistes que les japonaises grâce à la présence de métal. Cependant Tokyo Marui conserve une trés importante part de marché grâce à l’étendue de sa gamme et à sa meilleure maîtrise (et donc qualité) de la mécanique de la gearbox et du hop-up au sens large.

Il est intéressant de constater qu’à ce moment charnière, les marques qui se lancent choisissent de reprendre tous les standards Tokyo Marui (types de gearbox, pièces internes, voire pièces externes). Cela peut aisément se comprendre car l’investissement en R&D est alors plus raisonnable, et surtout, les marques de pièces et d’accessoires ne peuvent pas suivre un grand nombre de standards et proposent à ce moment-là uniquement une gamme compatible Tokyo Marui. Créer un système différent condamne donc à se retrouver avec un nombre de pièces et d’accessoires compatibles bien plus réduit ce qui est un réel point négatif pour les joueurs. Pour autant on peut toujours se demander si elles n’auraient pas dû directement aller vers des développements spécifiques car leurs arguments principaux (prix, métal, modé les originaux) se sont révélés relativement friables face à la concurrence qui suivra.

L’étape qui suit est celle de l’apparition des marques dites « cheap » proposant des copies de répliques Marui, aussi bien en AEG qu’en réplique de poing à gaz (GBB). Aux environs de 2004-2005 on voit ainsi apparaître au niveau mondial des noms comme A&K, Dboys, Cyma, Jing Gong etc. Le principe est simple: en reprenant le design des AEG Marui et en effectuant des économies sur la main-d’oeuvre (chinoise au lieu de japonaise ou taiwanaise), sur la qualité des matériaux et sur le contrôle qualité, ces fabricants sont capables de proposer des répliques « similaires » à moitié prix.

L’essort est rapide pour les marques cheap, notamment grâce au soutien des « repackeurs » , appelés habituellement les « Big Three », qui reprennent ces répliques chinoises pour les vendre sous leur propre marque (en apposant une licence au passage). Il faut simplement noter que la production sera interrompue à plusieurs reprises car la législation de la Chine continentale est trés sévère envers la production de répliques d’airsoft (officiellement cela est même interdit).Parallèlement à l’apparition des marques cheap on observe à l’opposé la multiplication des marques haut de gamme (surtout dans le domaine des pièces d’upgrade). C’est ainsi que naissent par exemple des marques comme Real Sword, Modify, ou Deep Fire.

A partir de 2008, une nouvelle quète vient animer le marché de l’airsoft: celle de la simulation du recul. En effet, les AEG classiques ont beau être trés performants et pratiques, ils ne simulent aucun recul lors du tir et sont donc moins réalistes et plaisants à utiliser que d’autres types de répliques.

Marui lance ainsi des modèles sur base de M4 avec par exemple la M4 Socom et la M4 Sopmod. Ces modèles profitent de deux innovations en une: une gearbox « Next Gen » différente des gearbox classiques, et une simulation du recul. C’est pourquoi cette gamme est désignée avec les termes « Next Gen » ou « EBBR » (Electric Blow Back Rifle).

Parall »lement, on observe un retour de l’intérêt pour les répliques à gaz, notamment grâce à l’application des progrés faits sur les répliques de poing GBB. Le mouvement est lancé par Western Arms (WA) qui sort une première M4 GBBR (Gas Blow Back Rifle). Les marques Inokatsu et G&P suivront dans cette voie avec un système identique ou similaire. Un autre fabricant, WE, décide en 2009 de proposer son propre systéme baptisé « A.W.S.S » et tourné à la base vers l’entraînement militaire (d’où la présence sinon surprenante d’un modéle de T91 Taiwanais au catalogue).
Mécaniquement ce système s’avère moins efficace et moins fiable que la base WA. Les ventes sont pourtant importantes dans le monde entier grâce à plusieurs arguments trés importants dans le monde des GBBR: disponibilité des pièces de remplacement, prix des répliques, nombre de répliques différentes au catalogue (dont le MK16/MK17), prix des chargeurs et présence de pièces d’upgrade (TSC et Ra-Tech au départ).

La marque WE prend son véritable envol avec l’arrivée du système ‘Open Bolt’ à la fin de l’année 2010. D’abord sur le KAC PDW, puis sur le MK16/MK17 et enfin sur les séries M4/M16 début 2011.
Ce système, plus proche du WA ou d’une mécanique de GBB, corrige les principaux défauts des A.W.S.S: meilleure fiabilité, meilleure résistance au froid, meilleur fonctionnement du hop-up et canon de type VSR10 au lieu de spécifique. En plus la gamme continue à s’élargir (gamme de G36, AK etc.) ce qui accentue encore le succés

Les années post-2010 sont encore assez ouvertes et il est difficile de prévoir exactement les évolutions qui se profileront d’ici 2020.
Cependant on peut déjà penser que l’on verra deux branches se dessiner :
  • Des répliques électriques nouvelle génération: blowback fort, nouveau système de gearbox en deux parties (pour plus de réalisme lors du démontage)
  • Les répliques GBBR: gamme qui continue à s’élargir, affinement du système, éventuellement arrivée de nouvelles marques spécialisées dans les GBBR customisés.

 

texte : airsoft-entrepot.com
illustration : Airsoft Tim

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